dimanche 30 décembre 2007

NOUVEAU! SCOOP!



Hé ben oui, déjà du nouveau sur mon blog qui n'a que 48 heures d'existance... Nous aurons un collaborateur mâle chers lecteurs! Mon chum, que nous nommerons par pure coincidance "Louis", a maintenant sa section perso où il DEVRA écrire sur la cuisine, faire des recettes, monter des assiettes, innover (... HA HA HA) mais je me réserve le droit de prendre les photos par exemple (tout de même, je ne peux le laisser totalement seul dans MA cuisine). La seule et unique règle non négociable: pas plus de 5% de blablatage sur le hockey! Vais-je parler potée de choux et rillettes durant les finales de la coupe, moi? NON! Où... à peine un petit 5% du temps, d'où le 5% que je lui accorde ici pour faire référence à ce qui occupe une bonne moitié de son cerveau mâle. Noter qu'en principe, à partir de maintenant, ce sera Louis et non moi qui écrira dans cette section (je me ferai alors critique gastronomique et commenterai ses réussites et tentatives).
Maintenant que la glace est bien brisée, je vais vous introduire à l'incroyable talent culinaire de Louis en vous alléchant de quelques une de ses spécialités, après celà, je suis certaine que vous attendrez le coeur serré de voir apparaître un de ses articles ici.
Note: Louis a tout de même une certaine base en cuisine, il mange, même beaucoup, et de tout, et depuis déjà quelques années, hein! Alors... voilà pas mal sa base.
Sinon, bien il a ses indémodables: le poulet à la mode de Menton (et pas au menton, hein!), le poulet au citron (on en reparlera...), le poulet basquaise, les pâtes piquantes aux pois chiches (recette déjà présentée ici, excellente en passant) ainsi que trois recettes qu'il a du apprendre à maîtriser depuis que nous sommes un couple: le macaroni à la viande gratiné (mium mium), le sandwich toasté au concombre et la dilution et le réchauffage de la crème de champignon Campbell. Ces trois dernières recettes sont bien entendu absolument nécessaires car ce sont mes trois plats "comfort food", les trois mamelles (wich...) de mon bonheur et de mon réconfort en cas de tristesse aigue et, bien entendu, pour faire office de placébo, ce ne sont pas des recettes que je dois moi-même confectionner.
Maintenant, roulement de tambour, LES TROIS CALAMITÉES CULINAIRES DE LOUIS!

(Louis, je t'aime énormément, mais on DOIT purger l'abcès pour continuer côte à côte et être forts, je te promet qu'après celà, je ne te parlerai presque plus de ces recettes).




Troisième place: Je laisse cet emplacement vide car j'ai l'anecdote sur le bout de la langue, ça va me revenir...




Deuxième place: Le poulet au citron, rebaptisé pour cet évènement mémorable poulet aux mille limes




Première place (et de loin): Filets de hareng fumé à la russe




Le poulet au citron: comme vous le remarquerez probablement, Louis est totalement vendu aux Pinardises, livre en lequel il a la plus totale des confiance (avec raison la plupart du temps). Je reste tout de même étonnée de ce choix, pas que ce soit un mauvais choix de "bible", mais pour la simple raison que j'ai au bas mot au moins 120 livres de recettes, souvent très bien illustrés, et que normalement, une personne qui ne cuisine pas beaucoup préfère les recettes illustrées avec photographies. Bien lui en fasse de préférer Pinard, ses recettes sont en général excellentes et j'en utilise moi-même beaucoup pour m'inspirer. Aussi, noter que Louis, lorsqu'il est venu vivre chez moi, n'a apporté dans son petit panier que quelques vêtements, une poche de hockey à l'odeur rance, une mini cage à homard (???) et le livre Pinardises, Recettes et propos culinaires.
Ainsi, on remonte dans le temps, à l'époque ou monsieur tentait encore de m'impressionner. "Mon ange, ce soir, je fais le souper!". Génial! Me dis-je. J'en profite pour inviter ma soeur, à l'époque enceinte de Riri (voir photo, 2 ans après "l'incident poulet". Comme vous pouvez le remarquer, le poulet aux mille limes a beau être dégueulasse, il n'affecte en rien le foetus), donc peu critique face à la cuisine de ses hôtes en autant qu'il y en a beaucoup et que les assiettes se remplissent plusieurs fois. Noter que Blanche connaît alors à peine Louis et que, de nature assez polie, il est évident que JAMAIS elle ne ferait de commentaire négatif sur un plat cuisiné par amour par un quasi-inconnu.

Le choix du chef: Poulet au citron à la crapaudine! Bon choix, crois-je alors, car c'est un plat qu'il a déjà fait dans ses autres vies d'homme célibataire (et en couple avec d'autres femmes mais je fais du dénie). MAIS!!! Erreur numéro 1: il est trop en confiance! Donc, il a la bonne idée d'improviser un peu et de changer quelques ingrédients, dont un ingrédient de base (non, pas le poulet) mais LE CITRON. Erreur numéro 2: il n'a pas les connaissances requises pour faire un tel changement drastique et décide de changer le citron par de la lime. Pas de problème, me direz-vous! En effet, pas de problème ici, mais plutôt dans cette suite d'assertion éronnées: Le citron est un agrume, la lime est un agrume, donc je peux les substituer (mmm, là, ça passe encore). Le citron est gros, la lime est petite, il faut donc plus de limes que de citrons et on double la quantité pour avoir le même volume de fruit (NOOOOOON, ça ne marche pas comme ça mon chéri!). Le citron est très acide, la lime est acide, donc pour que ce soit juste assez acide, il faut doubler la quantité de lime, qui est déjà doublée à cause de son petit volume, donc, il faut 4 fois plus de limes qu'il ne devrait y avoir de citrons pour avoir une recette équivalente (c'est ICI que tout bascule... la lime est très très très acide, beaucoup plus que le citron). Donc, au bas mot, la recette demande à la base 2 ou 3 citrons pour un poulet. Louis est de nature généreuse, il a donc préféré choisir l'équivalent "logique" de 3 citrons, donc 3 citrons x 2 (facteur volume) x 2 (facteur acidité) = 12 limes par poulet... Imaginez la suite, en plus, il a laissé le tout mariner quelques heures pour bien imprégner la viande. L'effet sur la langue était le même que lorsqu'on arrive au centre d'un bonbon Fizz. Vous me direz que ce bonbon est très intéressant, oui, en effet, mais imaginez de ne manger que ça comme plat principal. Bien entendu, ma soeur a mangé toute son assiette mais étrangement, n'en a jamais redemandé. Ce soir là, notre ancien colocataire, que nous nommerons amicalement La mouette s'est aventuré comme à son habitude dans la cuisine à pas de loup durant la nuit pour aller chiper les reliefs de notre souper. Je l'entend encore cracher et s'étouffer en tentant de reprendre son souffle. Le lendemain matin: miracle, il y avait encore des restes au frigo, une première dans l'histoire de cette colocation (comme quoi tout de même, la recette de Louis a certaines qualités).

Poulet au citron à la crapaudine (ne PAS suivre les conseils de Louis)

1 poulet
2 ou 3 citrons (12 limes)
1 ou 2 gousses d'ail
sel et poivre
persil plat
Ouvrir le poulet en deux par devant, le retourner et le presser dans un plat allant au four en pesant sur la colonne pour lui donner une forme de "crapaud écrasé". Saler et poivrer. Arroser du jus de citron (Louis: jus de 12 limes) et de l'ail haché dégermé. Laisser mariner 1 heure (Louis, au moins 2 ou 3 heures). Garnir le poulet de demi citrons pressés (Louis: garnir des 24 demi limes pressées "pour que ça goutte" et enfourner à 45 minutes à 375 degrés, jusqu'à 1 heure selon la grosseur de l'oiseau. Garnir de persil plat et servir avec des nouilles al dente.

Les filets de hareng fumé à la russe: Par contre, ici, je dois admettre que je reste perplexe. Perplexe quand aux qualitées organoleptiques de cette salade et perplexe quand au choix de la recette elle-même par mon chum (non mais quelle idée étrange! Sur TOUTES les recettes des Pinardises, son choix s'est arrêté sur CETTE recette. J'ai remarqué dans mon entourage que souvent, les gars semblent avoir d'autres critères que les filles pour choisir des recettes. Une fille va choisir selon les critères de l'esthétique, du goût, de la qualité des ingrédients, de la valeur nutritionnelle etc. Mais... une personne pourrait m'expliquer les critères masculins pour le choix d'une recette? J'ai pensé à la disponibilité des ingrédients et à la simplicité de conception, mais ça ne fonctionne pas toujours. Qui trouve des pommes russets et du filet de hareng fumé à son dépanneur le plus prêt? Ma théorie s'étend même jusqu'à ce critère particulièrement nébuleux: faire plaisir à sa blonde. Je crois que l'erreur est un peu là, car il semble qu'on soit bien difficiles à satisfaire, de là les choix spectaculairement étranges que ces monsieurs peuvent parfois faire. Louis, je te pardonne donc.)

Ainsi, voilà pour votre plus grand plaisir la recette de Pinard, que je ne vous incite pas à reproduire.


Filets de hareng fumé à la russe à ne pas faire

Pommes russets (vous savez, les pommes à la peau rugueuse brunâtre)
Jus de citron
Tranches fines d'oignon rouge (Louis: tranches épaisses...)
1 verre de vin blanc sec
Filets de hareng fumé
Quelques gouttes d'huile d'olive
Pain noir pour servir (Louis: pas de pain pour faire passer tout ça)

Couper les pommes en cubes, bien les citronner, disposer sur une assiette, mouiller de vin blanc, ajoutter les filets de hareng fumé et arroser de quelques gouttes d'huile. Servir avec du pain noir (honnêtement, je ne gaspillerais pas de pain noir).

Elle: faire une sélection dans l'assiette pour ne manger que les pommes, boire la bouteille restante de vin blanc pour faire passer le sel qui est entré par osmose dans les pommes en partance du poisson horriblement salé, prendre quelques tumbs en prédictions des brûlements d'estomac que vous aurez dans la soirée.

Lui: tenter de manger un bout de filet de hareng, s'étouffer, faire une sélection dans l'assiette pour ne manger que les grosses tranches d'oignon rouge, aller acheter une caisse de 12 blondes au dépanneur, les boire, se faire revirer de bord par sa blonde quand on s'approche pour l'embrasser car on a maintenant une fabuleuse haleine de chacal (oignon + hareng + bière).

Bilan: le repas "tentative de séduction" est un échec lamentable, cette recette est par contre parfaite pour inviter des amis si vous cherchez à ne plus recevoir mais à plutôt être reçus systématiquement. Il y a tout de même un léger risque que ces dits amis vous rayent de facebook et achètent le forfait "afficheur" pour filtrer les appels entrants.
Note à Louis: je te souhaite bonne chance et encore merci de participer à ce projet, tu seras probablement une référence d'ici peu sur la blogosphère! Et pour la photo... je n'ai pas pu résister, tu as un air tellement... je n'ose pas le dire! J'espère pour toi que tes amis ne viendront pas ici...

Source: Pinardises, Recettes et propos culinaires, Daniel Pinard, Boréal, 1994, p. 107 pour le poulet, p.255 pour le hareng

9 commentaires:

blanche a dit…

Faut dire qu'après le poulet au milles limes il y avait deux ou trois desserts. Ça m'a beaucoup motivée à finir mon assiette.

Tartine a dit…

Je viens de découvrir ton blog par hasard et j'ai beaucoup ri! lol Je m'interroge aussi assez souvent sur les critères de sélection de mon chum pour ses recettes... disons que je le trouve souvent un brin ambitieux! ;)

Katia a dit…

OH LALA !!!! J'ai TELLEMENT ri de l'histoire du poulet aux milles limes et de l'haleine de chacal !!!!

Moi aussi il faudrait qu'on m'explique comment un gars fait pour choisir une recette, hahaha !! :)

jérôme a dit…

Pour le bénéfice de tes lecteurs, je tiens à préciser que la "Mouette" n'était pas qu'un pique-assiette, mais aussi un fervent admirateur de tes talents culinaire et un goûteur de génie(en plus il est vraiment beau!)

Malorie a dit…

En effet, Jérôme est une mouette de qualité, je dois l'admettre, et beau comme un pape, c'est certain! (dans la mesure où un pape peut être beau...) ;)

Mariane a dit…

Ouais, ça me rappelle une douloureuse et personnelle histoire de séduction culinaire ton truc... que je je vous partage à l'instant:

Un de de nos premiers soupers d'amoureux, à Mister Pal et moi... Ambiance romantico mocheton, la viande qui grésille... le riz sur sur le feu qui cuit lentement... et qui fait.. hum... bizarre... des ... mais oui... des bulles gigantesques!!!
C'est que j'avais (très) mal rincé le chaudron lors du précédent nettoyage et les bulles étaient celles du savon!!! Le goût (hé oui, j'y ai gouté à ce fameux bubble rice!) me l'a confirmé sur le champ... Ouache! Huit années de concubinage plus tard et Mister Pal en rit (jaune) encore ... (Hé oui, il est toujours là! Costaud le mec!)

Malorie a dit…

Mium, un bon bubble rice, je veux la recette! Ça fonctionne avec du savon antibactérien?
malorie

Anonyme a dit…

Il y a de nombreuses années, une copine et moi nous sommes installée pour un temps à Tégucigalpa, au Honduras. Voulant goûter à tout, nous décidons, au marché, d'acheter un nouveau légume ressemblant à une courgette, le pépian. Ne sachant pas trop quoi en faire, Marielle le transforme en potage, avec lequel nous accueillons un ami venu souper. Sauf qu'on doit toujours jeter l'eau de cuisson du pépian, très très très amère. Alors le potage... Dommage que je n'aie pas de photo du visage de notre invité.

Pompadour a dit…

Malorie, c'est un réel bonheur de te lire ce matin. J'ai bien rigolée et je vais suivre cette saga....afin d'éviter certaines recettes à la Louis (hi! hi! )